Témoignage : Périnée, des séquelles tardives

Justine a découvert près d’un an après son accouchement qu’elle avait une déchirure du périnée complet compliqué, avec les sphincters abîmés. Elle témoigne.

Quand Justine @a.fleur.de.mamans m’a envoyé son témoignage, elle a insisté sur le fait qu’elle ne voulait pas effrayer les futures mamans (car cela reste rare) mais pouvoir donner quelques ressources pour aider celles qui souffriraient de la même chose qu’elle.

Elle m’avait écrit : « Il y a une ouverture de la parole sur le post-partum, alors j’espère qu’on ouvrira aussi la parole sur ces séquelles plus importantes qui touchent à la dignité, à l’estime de soi, à la féminité, à la qualité de vie. Des ressources commencent à se développer, alors j’en donne si besoin :

-> Infos sur les grosses déchirures du périnée : @mon.perinee.complique
-> Infos sur les accouchements traumatiques : @afterbirthtrauma, ou afterbirthtrauma.com
-> Infos et combat contre les violences gynécologiques et obstétricales : @recoudreca – @stopvogfr , ou stop-vog.fr
-> Infos, témoignages, reconstruction et accompagnement psychologique EFT : @a.fleur.de.mamans, ou afleurdemamans.com »

En espérant que cela puisse vous aider ✨

Je vous laisse découvrir son témoignage :

« Il y a 4 ans, j’ai accouché d’une petite fille.

Je voulais un accouchement physiologique, mais j’ai été surprise par la douleur des contractions. Je n’ai pas réussi à gérer cela, et j’ai demandé la péridurale.

Allongée comme je l’étais, ma fille ne progressait plus dans mon bassin. Après plusieurs heures d’attente, j’ai eu les forceps, avec mon consentement.

Avec la péridurale je ne sentais absolument rien. L’obstétricien me demandait de pousser ici, ou là, mais je ne sentais rien.

Puis j’ai entendu « merde, déchirure », et une seconde après ma fille a crié, elle était née. J’ai été submergée de bonheur, je me contre-fichais de la déchirure.

On m’a expliqué que j’avais eu une déchirure du périnée complet, non compliqué. Que j’étais déchirée de haut en bas, jusqu’aux sphincters de l’anus, mais que ceux-ci n’étaient pas abîmés, et que c’était une chance car sinon cela aurait engendré des problèmes d’incontinence.

J’ai plutôt bien vécu mon post-partum et mon accouchement, j’avais été entourée d’une équipe médicale que je connaissais, en qui j’avais confiance, et j’avais été bien traitée et respectée du début à la fin. Je n’ai pas eu traumatisme psychique à ce moment là.

Les premiers mois ont été difficiles parce que j’avais une luxation du coccyx, et c’était pour moi bien plus douloureux que ma cicatrice qui ne m’a jamais fait souffrir.

Après plusieurs semaines à galérer à tirer mon lait, j’ai enfin pu allaiter ma fille, allaitement qui a duré 3 ans.

Finalement, ces épreuves ne sont pas ce que je garde en mémoire. La première année est pleine de bons souvenirs 

Mon enfer du post-partum a démarré presque un an plus tard, lorsque j’ai repris le travail (j’étais prof de danse). J’ai commencé à avoir de plus en plus de stress, des hormones qui revenaient « à la normale », et des problèmes d’incontinence anale sont arrivés. Après plusieurs examens, on m’a diagnostiquée une déchirure du périnée complet compliqué, avec les sphincters abîmés : j’étais déchirée sur plus de 60° sur les sphincters externe et interne, et une partie du muscle du périnée avait été arrachée de l’os.

Je n’ai rien compris à ce qui m’arrivait… j’avais 30 ans, et je me faisais dessus. Je me suis sentie mutilée, comme ayant partie une partie de moi à la guerre, alors que j’avais « juste » donné la vie… Et j’avais incroyablement honte… surtout au travail.

J’étais plutôt bien informée sur l’accouchement, le post-partum, et bien que j’avais entendu parler de l’incontinence urinaire, je n’avais jamais entendu parler de l’incontinence anale suite à une déchirure.

Ce genre de séquelles laisse un impact physique, mais aussi psychologique très important.. j’ai dû changer de métier, faire le deuil de « ma vie d’avant », de mon corps d’avant. 

Aujourd’hui je veux en parler, en espérant surtout ne pas effrayer les futures mamans (car ce genre de séquelles reste rare), mais pour dire aux mamans qui ont des séquelles vraiment particulières et importantes dans leur vie, qu’elles ne sont pas seules. Surtout ça, qu’elles ne sont pas seules.

Quand j’ai commencé à en parler sur les réseaux sociaux, j’ai eu une vague de témoignages, de mères qui se sentaient complètement seules et démunies face à ce qui leur arrivait… La plupart n’en parlaient pas à leur entourage (moi non plus d’ailleurs). Il y a de la honte face à ce sujet tabou…

Des solutions existent, la chirurgie, la neuro-modulation. Pour des raisons personnelles, à part la rééducation du périnée, j’ai refusé ces solutions. Je reste avec mes séquelles, mais j’ai appris à mieux écouter mon corps, et suis en train de faire la paix avec ce traumatisme grâce à l’EFT. Je vis bien mieux mes séquelles, et elles sont devenues aussi moins impactantes sur ma vie, ne me dérangent plus au quotidien. »

Retrouvez plus de témoignages : L’impossible reprise du sport ; Une césarienne heureuse ; Deux bébés au biberon, le troisième au sein


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Média sur le post-partum

Je m’appelle Sophie, je suis journaliste et l’heureuse maman d’un petit garçon né en octobre 2019. Après sa naissance, je me suis vite rendue compte que la grossesse ne s’arrête pas au bout de neuf mois. Car oui, il existe bien un quatrième trimestre, une période où la maman va avoir besoin de se reposer afin de récupérer et reprendre des forces. J’ai donc décidé de mettre mes compétences de journaliste au profit de cette thématique à travers un compte Instagram, un podcast et un magazine.

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