Maud Ventura : « Je trouve peu de thèmes plus fascinants que le couple »

Le premier roman de Maud Ventura, Mon mari est sorti aux éditions l’Iconoclaste ce 19 août 2021. Un véritable coup de coeur que j’ai dévoré en 24 heures.

Mon mari est ton premier roman. Qu’est-ce qui t’a inspiré ?

Maud Ventura : « Ce roman est venu d’un constat, dans mon ancienne relation, d’avoir l’impression d’aimé plus que mon ancien amoureux qui pourtant était très amant. Et cette question de « trop aimer » ou d’aimer toujours passionnément me concernait particulièrement. C’était même une question existentielle. Et puis il y a eu cette dispute où je lui ai dit « Tu ne m’aimes plus comme avant » et ce à quoi il a répondu « Évidemment, que je ne t’aime plus comme avant, ça ait deux ans qu’on est ensemble. C’est normal, de ne plus s’aimer comme avant. » Bien sûr, je comprenais mais je trouvais ça scandaleux de ne plus pouvoir s’aimer comme au premier jour. Pourquoi au début, c’est les papillons et après c’est forcément la routine ? Et c’est là que j’ai eu l’idée de ce personnage qui serait toujours aussi passionnée au bout de 15 ans. »

Pourquoi avoir choisi des personnages plus âgés que toi ?

Maud Ventura : « J’avais envie de me projeter. J’ai 28 ans, je ne suis pas mariée, je n’ai pas d’enfant et je me demandais ce qu’il se passerait si dans 10 ans, avec un travail et deux enfants, je continuais d’aimer aussi fort. Et c’était aussi une manière pour moi de m’interroger sur le couple et sur ce qui se passe quand on devient une famille avec des enfants. Et puis, ce personnage me ressemble un peu dans ses questionnement et j’avais besoin de mettre un peu de distance. »

Dans le roman, l’héroïne a un rapport distant avec ses enfants. Quel est le tien avec la maternité ?

Maud Ventura : « J’aimerais beaucoup avoir des enfants un jour et j’espère que ça sera le cas. Mais, et ça peut paraître bête mais j’ai toujours eu envie d’écrire et je ne voulais pas avoir d’enfant avant d’avoir écrit un livre. Parce que je sais qu’ensuite j’aurais envie de faire passer mes enfants avant tout.

Dans le livre, l’héroïne a eu des enfants parce qu’il le fallait, parce que c’était un moyen de perpétuer l’amour et le couple. Mais ce n’est pas quelque chose qu’elle a a questionné. Alors que moi, je l’ai fait. D’ailleurs, ma mère me dit toujours : « Maud, tu te poses trop de questions. »

Qu’est-ce que tu aimes lire ?

Maud Ventura : « J’aime les romans assez contemporains. Par exemple D’après une histoire vraie de Delphine de Vigan que j’adore. C’est l’histoire d’une femme écrivaine toujours mal habillée et un peu à côté de la plaque qui est amie avec une fille parfaite. Cette histoire m’a beaucoup inspirée pour mon personnage parce que je suis fascinée par ces femmes qui sont toujours apprêtées, toujours avec un train d’avance et qui sont clairement, à l’opposé de moi qui suis toujours en jeans baskets. J’aime aussi beaucoup Annie Ernaux et notamment Passion simple. C’est mon écrivaine préférée.

Tu écris et présente le podcast Lalala du groupe NRJ. L’amour, c’est un peu ton fil conducteur ?

Maud Ventura : « Oui carrément ! Je n’aime pas l’expression « amoureuse de l’amour » mais c’est vrai que je trouve peu de thèmes plus fascinants que le couple. Quand on y réfléchit, cela peut paraître un peu gnangnan mais en fait en parlant du couple on parle aussi d’éducation, de philosophie, de sociologie, de sciences cognitives, de sexualité, de politique, de féminisme. C’est passionnant. »

Tu parles de féminisme. Tu trouves que la littérature l’est suffisamment ?

Maud Ventura : « Je trouve que c’est bien présent et c’est tant mieux. Je pense que mon livre l’est également parce que je le suis et le féminisme, ce sont des lunettes qu’on a sur les yeux pour voir le monde. Mais ma frustration, c’était que je ne trouvais que des récits avec des femmes fortes et indépendantes – et je trouve ça super – mais en même temps, le samedi soir, avec mes amies féministes qui sont allées coller l’après-midi, on se retrouve et on se dit : « Alors, il t’a rappelé ? T’as des nouvelles de tel mec ? » Et je trouve que le couple est un peu un impensé du féminisme. »

Découvrir plus d’interviews d’autrices : Sophie Adriansen ; Camille Bataillon ; Virginie Noar


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Je m’appelle Sophie, je suis journaliste et l’heureuse maman d’un petit garçon né en octobre 2019. Après sa naissance, je me suis vite rendue compte que la grossesse ne s’arrête pas au bout de neuf mois. Car oui, il existe bien un quatrième trimestre, une période où la maman va avoir besoin de se reposer afin de récupérer et reprendre des forces. J’ai donc décidé de mettre mes compétences de journaliste au profit de cette thématique à travers un compte Instagram, un podcast et un magazine.

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