Semaine de l’allaitement : « L’entourage peut être source de stress »

Au cœur de la 24e semaine de l’allaitement, Boutayna Burkel, fondatrice de The Helpr, la plateforme d’aide en ligne pour les parents et leurs bébés nous livre quelques remarques sur le sujet.

Par Boutayna Burkel

Pourquoi en France et malgré les campagnes successives de sensibilisation, le taux d’allaitement n’est que 71 % à la naissance de l’enfant ?

Pire, il chute rapidement avec seulement un enfant sur deux allaité à 1 mois et un enfant sur quatre allaité à 6 mois (selon une étude du Centre de recherche épidémiologie et statistique Sorbonne Paris Cité). 

En effet, la durée moyenne d’allaitement en France reste en-dessous des recommandations de l’OMS puisque c’est en moyenne de 3 mois. L’environnement est souvent cité par les mères lors de notre appel à témoignage sur The helpr.

Voici une liste non exhaustive de certaines remarques que les good parents the helpr nous ont témoignées :

“ T’es sure que tu as assez de lait ”

“T’as bien mangé ? Évite de manger les choux et le curry”

“Il va te réveiller la nuit pour avoir un câlin”

“Tu ne dois jamais le laisser dormir au sein ”

“Ca fait déjà dix minutes qu’elle tète !“

“Mais bébé a déjà 3 mois non ?”

“Comment vas-tu travailler?”

“Il va rester collé à toi à JAMAIS!”

“Tu n’as pas encore coupé le cordon toi ?”

“Et ton chéri ça lui va “ça”?”

Des freins notables

Le sevrage à 1 mois est pour sa part expliqué par une période de fatigue intense et de convalescence suivant l’accouchement appelée post-partum voire au manque de soutien par l’entourage direct. Ce qui fait que la mère se retrouve sans ressource et préfère laisser tomber son projet d’allaitement avec parfois de l’amertume d’un sentiment d’échec.

Le sevrage à 3 mois est quant à lui expliqué par la reprise professionnelle de la mère et aussi la reprise de la vie sociale (comment organiser les sorties, voir le relai la nuit…la solution du tire-lait peut être perçue comme une charge mentale supplémentaire).

Par méconnaissance, l’entourage peut être source de stress pour la mère allaitante.

Elle est encore aujourd’hui exposée à une série d’avis non sollicités, de jugement et de critiques passives agressives.

L’allaitement, un défi

Sauf que l’allaitement est un chemin jalonné de défis : parce que bébé grandit, parce que la mère ne bénéficie pas toujours du confort adapté pour l’aider à bien allaiter.

Chaque mère à un moment ou un autre de son parcours d’allaitement peut se sentir vulnérable ou en questionnement sur son envie de continuer, son énergie disponible voir des besoins de bébés.

La difficulté est quand cet avis vient d’une personne positionnée comme “sachante” comme un pédiatre ou encore nos propres parents qui remettent en question très vite la routine d’allaitement en raison de méconnaissance sur le sujet.

Voici mes astuces pour mieux assumer les grandes questions qui jalonnent l’expérience d’allaitement :

  • Gérer le flux d’allaitement :

Oui l’allaitement et son flux peuvent être observés en difficulté, si vous vous inquiétez à ce propos le premier réflexe à avoir c’est :

  • se reposer
  • faire du peau à peau avec son bébé
  • reprendre des sessions de tétées au calme

Si on vous pose des questions à ce propos vous pouvez répondre que vous gérez au mieux et que c’est vous la mère !

  • Oser allaiter partout tout le temps:

L’allaitement est un acte naturel qui pourtant est toujours rapporté au corps de la femme.

Pour beaucoup de mères, allaiter en public peut être difficile en raison du regard des autres.

D’où la question de réussir à normaliser le geste mais aussi à soutenir les nouvelles mères souhaitant allaiter en lieu public.

C’est même l’un des paradoxes de la période de confinement que nous avons connue : les mères ont pu allaiter plus longtemps loin du regard de la société.

Il est bien sûr possible de porter des vêtements “adaptés” pour se sentir bien pour soi non pas par l’impudeur du geste.

Cette étape est importante pour vous sortir de l’isolement.

Vous n’avez pas à avoir honte d’allaiter.

  • Gérer son énergie et son mental : 

Les besoins de bébé peuvent évoluer : pics de croissance, douleurs de poussées dentaires, inconforts de digestion… autant de raisons qui peuvent faire que votre bébé se réveille plus souvent durant la nuit. 

Il est important de prendre le temps pour se recentrer.

En état d’extrême fatigue (c’est à dire plusieurs nuits d’affilée avec moins de 3 heures de sommeil !), vous avez besoin de vous reposer !

Oui aussi peu original que cela puisse paraître: regagner en énergie physique vous permettra de regagner en énergie mentale et de vous ressourcer émotionnellement, ainsi vous vous sentirez moins vulnérable sous les feux des critiques.

  • Reformuler les questions et ne pas se justifier:

Les questions de l’entourage sont aussi issues de la méconnaissance du sujet.

Utilisez la technique de reformulation peut ajouter un éclairage à notre entourage en particulier professionnel.

Et peut être même encourager votre interlocuteur à reformuler sa question voir remarques.

Rappelons que vous pouvez partager votre mode de parentalité auprès de vos collègues, que vous avez le droit aussi à une salle pour tirer le lait mais en aucun à vous justifier de vos choix.

Il est votre choix.

En cas de douleur durant l’allaitement, vous pouvez vous tourner vers une doula postnatale, une consultante en lactation ou une sage femme formée à l’allaitement.

L’allaitement ne peut faire de mal à votre enfant.

Echanger avec des personnes ayant choisi l’allaitement et déjà “passées par là” peut être aussi une source de motivation voir de sentiment de compréhension.

Retrouvez le podcast du Quatrième trimestre : Mon allaitement, mon choix


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Média sur le post-partum

Je m’appelle Sophie, je suis journaliste et l’heureuse maman d’un petit garçon né en octobre 2019. Après sa naissance, je me suis vite rendue compte que la grossesse ne s’arrête pas au bout de neuf mois. Car oui, il existe bien un quatrième trimestre, une période où la maman va avoir besoin de se reposer afin de récupérer et reprendre des forces. J’ai donc décidé de mettre mes compétences de journaliste au profit de cette thématique à travers un compte Instagram, un podcast et un magazine.

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