Mathilde Trifilio : « Je chemine du côté de la physiologie, faire confiance à notre corps »

Portrait d’une kinésithérapeuthe spécialisée en accompagnement périnatal et en massage bébé.

– Quel est ton parcours ? Ce qui t’a amenée vers ta profession ?

« Je m’appelle Mathilde, j’ai actuellement 26 ans. Je suis masseur-kinésithérapeute depuis 2017 donc depuis bientôt 5 ans. Pendant toute ma scolarité, j’étais bonne élève, disciplinée et intéressée par toutes les matières mais jamais avec une vocation déterminée. Arrivée en terminale, je ne savais pas où m’orienter, j’aimais la médecine, la biologie, mais je ne m’identifiais pas dans la médecine traditionnelle que nous étudions en France. Quant à la fac de bio, c’était niet pour mes parents, trop abstrait, sans but précis. Mon frère, aîné de 6 ans, était déjà lui-même kinésithérapeute, mais c’est avec l’aide d’une conseillère d’orientation psychologue que j’ai décidé de m’orienter moi aussi dans ce métier. Ce qui m’a plu, c’est que nous soignons « naturellement » puisque nous utilisons comme outil principal nos mains. De plus, notre rôle pédagogique est également essentiel, nous sommes avant tout des ré-éducateurs. Nous guidons le patient dans sa rééducation, lui donnant le bon exercice, le bon mouvement, au bon moment, en le corrigeant si besoin et en l’encourageant à continuer ses exercices à la maison.

Dans un coin de ma tête, accompagner les jeunes mamans m’intéressait beaucoup, mais je me sentais illégitime. Comment une gamine, sans aucune expérience autour des enfants (je suis la cadette !), sans aucune expérience professionnelle (je n’ai même pas fait de stage en pédiatrie), pouvait aller donner des conseils à des femmes enceintes, à des parents qui allaient avoir un enfant alors que moi-même je ne savais pas comment m’y prendre pour bien tenir un bébé !

J’ai donc commencé mes deux premières années en prenant confiance en moi, en commençant à pratiquer ce que j’avais appris à l’école de kiné. Puis, j’ai eu l’occasion de passer quelques mois à Paris et cela m’a donné envie de commencer à faire des formations complémentaires. Depuis 3 ans, j’enchaîne donc des formations autour de la rééducation périnéale féminine, de l’accompagnement pré et post natal, de la rééducation motrice du bébé mais aussi du toucher bienveillant, entre autre.

Outre ces formations, j’ai eu la chance de vivre de très près la grossesse de ma belle-soeur, l’accouchement à domicile de ma nièce auquel j’ai pu assisté, et tout son développement depuis 1 an et demi. Cette expérience m’a montré à quel point la grossesse et l’accouchement pouvait se faire naturellement, physiologiquement, que cela était possible. J’y ai découvert des pratiques comme le bébé lotus et la DME par exemple.

Pour résumé, je suis entre deux eaux. Je suis professionnelle de santé, consciente des dangers que redoute la médecine occidentale mais je chemine du côté de la physiologie, faire confiance à notre corps. J’accompagne les parents et futurs parents vers le chemin qu’ils ont envie d’emprunter, et je respecte ceux dont ils ont besoin. Je masse, j’explique, je préviens, je conseille, je donne des exercices si la personne est réceptive, je m’adapte. Ce que j’essaie systématiquement de faire comprendre à mes patientes, c’est que la grossesse ne s’arrête pas à l’accouchement, il y a bien un quatrième trimestre, parfois plus long que 3 mois d’ailleurs, dont on ne parle pas assez. C’est pour ça que j’ai adhéré rapidement à ce compte, le quatrième trimestre, c’est tellement vrai et on en parle si peu. J’aime voir mes patientes enceintes pour les préparer à cela, et même si elles l’ont déjà vécu pour des grossesse précédentes, il y a toujours des conseils à donner. »

– Quelles sont tes valeurs ? Celles que tu souhaites transmettre à travers ta pratique ?

« Ce que j’aime transmettre comme valeur, globalement, c’est de prendre le temps de s’écouter, d’écouter ce que notre corps nous dit, que ce soit à travers le cycle menstruel, la grossesse, le post-partum, la douleur ou la maladie. Le but n’est pas de s’arrêter à la moindre difficulté mais juste de prendre en considération. »

– Pour toi, le post-partum, c’est …

« N’étant pas maman moi-même, je pense que le post-partum est différent pour chaque personne, dépendant de la grossesse, de l’accouchement, de l’entourage et de la saison. Le post-partum est pour moi, d’une part, la fermeture du corps, sa cicatrisation intense face à l’accouchement, si rapide par rapport à 9 mois de grossesse où il a eu tout le loisir de se préparer. D’autre part, le post-partum est la rencontre avec la parentalité, de s’occuper d’un nouveau-né qui a indéniablement besoin de nous et qui changera notre vie pour toujours. »


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Qui a dit que la grossesse ne durait que neuf mois ?

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Média sur le post-partum

Je m’appelle Sophie, je suis journaliste et l’heureuse maman d’un petit garçon né en octobre 2019. Après sa naissance, je me suis vite rendue compte que la grossesse ne s’arrête pas au bout de neuf mois. Car oui, il existe bien un quatrième trimestre, une période où la maman va avoir besoin de se reposer afin de récupérer et reprendre des forces. J’ai donc décidé de mettre mes compétences de journaliste au profit de cette thématique à travers un compte Instagram, un podcast et un magazine.

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