Coup de gueule : des annonces loin du compte

26, 27, 28, 29 novembre : pour la 7e fois cette année, les sages-femmes sont en grève. Pour quelles raisons ? Quelques explications avec ce coup de gueule d’Elodie Cariou, sage-femme.

Elodie Cariou : « Aujourd’hui, je suis une femme, une professionnelle de la santé et une sage-femme en colère. Depuis plusieurs mois maintenant, nous nous battons pour une reconnaissance globale de la profession sage-femme. Une reconnaissance qui n’a pas évolué depuis des années.

Les sages-femmes se battent non seulement pour la reconnaissance de leur métier mais aussi pour les femmes. Des femmes qui accompagnent d’autres femmes, on comprend très vite pourquoi cette reconnaissance est si dure à venir.

Alors que le gouvernement nous fait une sacrée communication sur l’augmentation si exceptionnelle de 500 euros des sages-femmes, notre colère augmente. Comment le gouvernement peut-il se satisfaire de ces 500 euros qui ne vont concerner que très peu de sages-femmes ? Alors, aujourd’hui j’appelle les femmes, les couples, les hommes qui nous soutiennent à comprendre ce qu’il y a réellement derrière ces 500 euros d’augmentation promis par Olivier Veran (Ministre des solidarités et de la santé).

D’abord 183 euros nets : ah oui c’est l’augmentation Segur dont les soignants (globalement donc pas spécifique aux sages-femmes) ont bénéficié suite à la crise Covid.

Ensuite, les 78 euros nets qui correspondent à une réelle augmentation du salaire, une revalorisation des grilles. Cette revalorisation concerne les sages-femmes de la FPH (Fédération hospitalière de France) titulaires ou non, le secteur privé et les territoriales. 

Et enfin, le must du must les 240 euros nets de PRIME d’exercice médicale dans la FPH. Ces 240 euros qui sont une prime donc ne comptent absolument pas pour notre cotisation retraite ! Quelle reconnaissance ! Cette prime concernent les sages-femmes titulaires et contractuelles de la FPH et sera transposée dans le secteur privé (promesse du gouvernement…) Les sages-femmes libérales et territoriales ne sont pas concernées. 

Le compte n’y est donc pas. Nous demandons une vraie revalorisation de salaire avec une revalorisation des grilles à la hauteur ! Le rapport IGAS (Inspection générale des affaires sociales) demandé par Olivier Veran en juin, rendu en octobre, préconisait une revalorisation de 624 euros nets, le gouvernement nous offre finalement 78 euros… 

Une avancée, c’est la création d’une 6e année d’études pour alléger le programme déjà plus que dense pour des études de sage-femme. Mais qui, aujourd’hui, va aller se lancer dans 6 ans d’études pour 2000 euros nets par mois, des responsabilités médicales et des vies en jeux à chaque instant ? Pas grand monde… 

Au delà de l’aspect financement, les conditions de travail, elle, restent inchangées. Continuons à accompagner les femmes n’importe comment dans un moment comme la naissance et c’est toute la profession de sage-femme qui va disparaître. 

Alors non, toutes les sages-femmes ne seront pas revalorisées, les sages-femmes libérales n’apparaissent dans aucune des discussions… On est très loin d’une vraie revalorisation salariale de la sage-femme et encore moins des demandes concernant les effectifs. Le décret qui régit notre profession aujourd’hui date de 1998 et ça ne choque personne ! Il est grand temps de réagir, 1 sage-femme pour 3 ou 4 couples ce n’est plus possible ! Nous avons donc encore beaucoup de travail et nous avons besoin du soutien de tous.

Nous sommes donc pour la 7e fois de l’année en grève les 26, 27, 28 & 29 novembre 2021 !

Pour finir, voici un joli message adressé par un de notre syndicat professionnel : « Nous ne nous arrêterons plus, nous devons nous préparer à tenir sur la durée, tout en essayant de faire évoluer la situation catastrophique dans nos maternités. »


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Je m’appelle Sophie, je suis journaliste et l’heureuse maman d’un petit garçon né en octobre 2019. Après sa naissance, je me suis vite rendue compte que la grossesse ne s’arrête pas au bout de neuf mois. Car oui, il existe bien un quatrième trimestre, une période où la maman va avoir besoin de se reposer afin de récupérer et reprendre des forces. J’ai donc décidé de mettre mes compétences de journaliste au profit de cette thématique à travers un compte Instagram, un podcast et un magazine.

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