Nouveau congé supplémentaire de naissance : ce qui pourrait changer dès 2026
Depuis plusieurs années, les parents réclament un cadre plus juste, plus souple, plus protecteur pour accueillir un enfant. En novembre 2025, l’Assemblée nationale a voté la création d’un congé supplémentaire de naissance, un nouveau droit familial pensé pour mieux concilier travail et parentalité – et surtout pour avancer vers plus d’égalité entre les parents.

Ce congé n’est pas encore définitif : le texte doit encore être examiné et voté par le Sénat.
Mais voici tout ce qui est prévu à ce jour.
1. Un nouveau droit pour les parents : de quoi parle-t-on ?
Le congé supplémentaire de naissance est une mesure introduite dans le Projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2026 (PLFSS 2026), déposé le 14 octobre 2025.
Il a été débattu et adopté à l’Assemblée nationale le 12 novembre 2025.
Ce nouveau congé serait accessible après la fin du congé maternité, du congé paternité ou du congé d’adoption, afin de permettre aux parents de prolonger leur présence auprès de leur nouveau-né.
L’objectif annoncé :
- réduire les inégalités femmes-hommes,
- mieux répartir le temps de présence parentale,
- soutenir les familles dans les tout premiers mois, période où les besoins émotionnels, logistiques et corporels sont immenses.
2. Une entrée en vigueur avancée au 1er janvier 2026
Initialement prévue en 2027, l’entrée en vigueur a été avancée au 1er janvier 2026 lors des débats parlementaires.
➡️ Une excellente nouvelle pour les familles attendant un enfant début 2026.
3. Qui pourra bénéficier du congé supplémentaire de naissance ?
Les deux parents, sans distinction
Chaque parent pourra demander :
- 1 mois,
- ou 2 mois,
…soit jusqu’à 4 mois au total par couple.
Le congé est ouvert à toute personne ayant bénéficié de l’un de ces congés :
- congé maternité,
- congé paternité et d’accueil de l’enfant,
- congé d’adoption.
Les agents publics sont également concernés
Les fonctionnaires en activité pourront bénéficier de ce nouveau congé.
Exception : les parents qui n’ont pas pu exercer leur droit initial
Certains salariés qui n’ont pas pu percevoir les indemnités liées au congé (maternité, paternité, adoption) pourront tout de même accéder au nouveau congé : cette nuance a été spécifiquement prévue.
4. Durée et rythme : un congé désormais fractionnable
À l’origine, ce congé devait être pris d’un seul bloc.
Mais le 12 novembre 2025, les députés ont obtenu un changement important :
✔️ Le congé pourra être fractionné en deux périodes d’un mois.
Cette possibilité :
- facilite l’organisation familiale,
- permet à chaque parent de s’adapter au rythme du foyer,
- peut soutenir un retour progressif au travail.
5. Simultanéité : un mois minimum devra être pris séparément
Autre modification majeure votée le 12 novembre :
✔️ Au moins un mois devra être pris non simultanément avec l’autre parent.
L’intention est claire :
permettre à chaque parent de vivre une période seul avec son enfant, sans que cela dépende des disponibilités de l’autre.
➡️ Une manière concrète d’impliquer davantage les pères et co-parents, et de limiter l’inégalité de charge mentale qui repose trop souvent sur les mères.
6. Une précision importante pour les pères
La période obligatoirement non simultanée ne pourra pas être prise pendant le congé maternité.
Cela garanti :
- que la mère dispose de sa période protégée,
- que le second parent ait un véritable temps en solo après le retour éventuel de la mère au travail.
7. Prendre le congé : quelles démarches ?
Un congé de droit
L’accord de l’employeur ne serait pas requis : le salarié informe, il ne demande pas.
Un délai de prévenance compris entre 15 jours et 1 mois
Le délai exact sera fixé par décret.
Il pourra être réduit si le congé est pris immédiatement après un congé paternité ou d’adoption.
Un délai maximal pour utiliser le congé
Là encore, un décret précisera dans quel délai le congé devra être utilisé après la naissance ou l’adoption.
8. Rémunération : quelles indemnités ?
La rémunération du salarié est suspendue pendant le congé.
Mais les indemnités journalières seront versées par l’Assurance maladie, sous conditions d’activité (conditions définies par décret).
Le Gouvernement a annoncé lors des débats :
✔️ 70 % du salaire net le 1er mois
✔️ 60 % du salaire net le 2nd mois
Les montants exacts, les plafonds et les conditions d’affiliation seront précisés par décret.
9. Le salarié pourra-t-il travailler pendant ce congé ?
Non.
Aucune autre activité professionnelle ne pourra être exercée pendant le congé supplémentaire de naissance.
10. Fin du congé : droits, protection et retour au travail
Retour à l’emploi garanti
À la fin du congé, le parent retrouve :
- soit son poste,
- soit un emploi équivalent,
- avec une rémunération au moins identique.
Entretien professionnel
Un entretien de parcours professionnel devra être organisé, sauf s’il a déjà eu lieu après un congé maternité ou adoption.
Protection contre le licenciement
L’employeur ne peut pas rompre le contrat pendant le congé.
Exception : faute grave ou impossibilité de maintenir le contrat pour un motif sans lien avec l’arrivée de l’enfant.
11. Ce congé est-il obligatoire ?
Non.
Il s’agit d’un droit ouvert, non d’une obligation.
12. En quoi ce congé diffère-t-il du congé naissance de 3 jours ?
Le congé de 3 jours :
- reste en place,
- est obligatoire,
- précède le congé paternité,
- est prévu par le Code du travail.
Le congé supplémentaire de naissance :
- est un congé nouveau,
- beaucoup plus long (1 à 2 mois par parent),
- vise une meilleure égalité dans la prise en charge du bébé.
13. À ne pas confondre non plus avec le congé parental d’éducation
Le congé parental d’éducation :
- peut durer plusieurs mois/années,
- n’est pas rémunéré (sauf PreParE),
- nécessite 1 an d’ancienneté.
Le nouveau congé supplémentaire :
- dure 1 ou 2 mois par parent,
- est indemnisé par l’Assurance maladie,
- s’inscrit juste après la période mater/pater/adoption.
Pourquoi ce nouveau congé est une avancée féministe
Parce qu’il reconnaît enfin que :
- les enfants ont besoin des deux parents,
- les mères ne doivent plus être la seule variable d’ajustement,
- la charge mentale et l’épuisement post-partum ne sont pas une fatalité,
- l’égalité passe par le partage du temps… et donc du care.
Ce congé, s’il est confirmé par le Sénat, pourrait représenter une étape importante vers une parentalité plus juste et mieux soutenue.
Sources
- PLFSS 2026, présenté à l’Assemblée nationale le 14 octobre 2025 (Assemblée nationale, 2025).
- Débats parlementaires du 12 novembre 2025 (Assemblée nationale, séance publique).
- Amendements adoptés le 12 novembre 2025, dont ceux défendus par Delphine Lingemann (MoDem) et Sarah Legrain (LFI) (Assemblée nationale, 2025).
- Exposé des motifs du PLFSS 2026 (Gouvernement, 2025).
